DERNIERS PRÉPARATIFS POUR UN VAUDOIS AVANT LA FIGHT NIGHT

Pour rentrer dans l’octogone de la Fight Night, il faut être prêt. Emerik Youmbi le sait, et profite des dernières heures avant son combat pour finaliser sa préparation.

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DERNIERS PRÉPARATIFS POUR UN VAUDOIS AVANT LA FIGHT NIGHT2017-05-05T11:29:03+02:00

VANESSA PEREIRA STORY 24HEURES

Prête à bondir vers un nouveau titre mondial

Portrait: Vanessa Pereira, championne de jiu-jitsu brésilien.

Carte d’identité

Née le 1er novembre 1988, à Lisbonne.Cinq dates importantes2007 Arrive seule en Suisse et travaille dans un hôtel-restaurant à Belmont.
2013 Rejoint l’Académie Kimura Nova União à Renens et se dédie au jiu-jitsu brésilien.
2014 Sacrée championne d’Europe (–69 kg) devant sa famille à Lisbonne.
2015 Remporte pour la première fois l’Abu Dhabi World BJJ Pro, le plus grand tournoi de la saison.
2016 Décroche un troisième titre européen et le doublé à Abu Dhabi.

Vanessa Pereira se raconte en toute simplicité, haussant parfois les épaules, comme pour banaliser un parcours qui semble tout droit sorti des cartons d’un scénariste hollywoodien. Double championne du monde et triple championne d’Europe de jiu-jitsu brésilien, elle gagne sa vie en travaillant dans la restauration. A 18 ans, la jeune Portugaise d’origine capverdienne a posé ses valises sur les bords du Léman, en quête d’une vie meilleure. «Je suis venue en Suisse pour aider mes parents restés au pays. Au début, cela a été très difficile. Je ne parlais pas français et j’ai eu de la peine à m’adapter.» Malgré les difficultés, elle ne baisse pas les bras.Sur les conseils d’un ami, Vanessa commence le jiu-jitsu brésilien en 2013, à l’Académie Kimura Nova União de Renens. «Le dojo était à côté de chez moi. Je passais tout le temps devant.» Elle va très vite obtenir des résultats dans ce dérivé du judo et du jiu-jitsu qui allie art martial, sport de combat et système de défense personnelle, populaire au Brésil, au Japon et aux Etats-Unis.Entraînement contre des hommesSix mois plus tard, la Renanaise est sacrée championne d’Europe dans sa ville natale de Lisbonne. Le «conte de fées» ne fait que commencer. «J’ai tout entrepris pour devenir la meilleure, résume celle qui s’entraîne contre des hommes. J’étais au dojo tous les jours et j’ai regardé un maximum de combats sur Internet.» Dis comme ça, cela ne paraît pas si compliqué.Depuis, plus rien, ou presque, ne l’arrête. En janvier, elle a conquis sa troisième couronne européenne et s’est imposée pour la deuxième fois aux World Championships d’Abu Dhabi. Pour arriver au sommet, la combattante s’astreint à neuf entraînements par semaine, sans compter les trois séances de condition physique en salle de force. Au total, elle cumule plus de vingt heures hebdomadaires de préparation. En soi, cette discipline est déjà remarquable.Serveuse à 100%Mais ce qui l’est encore plus, c’est que Vanessa Pereira travaille encore à 100% comme serveuse. «Je ne rentre chez moi que pour dormir. Parfois, je me demande comment j’arrive à tout gérer.» Employée au Buffalo Grill de Crissier, la double championne du monde peut s’appuyer sur des collègues compréhensifs. «Sans eux, cela ne serait pas possible. Je leur dois beaucoup.»Ancien boxeur, son patron, Gaëtan Le Bris, comprend mieux que personne ce qu’elle doit affronter. «Il fait vraiment tout pour que j’aille le plus loin possible. Il paie mes inscriptions aux tournois et adapte mes horaires en fonction.»Pour sa première tentative aux Mondiaux de Long Beach (Etats-Unis), une tirelire avait été installée à l’entrée du restaurant. Grâce à la générosité des clients, la jeune femme a pu partir tenter sa chance en Californie. Ces Championnats du monde de la Fédération internationale de jiu-jitsu brésilien (IBJJF) sont le seul titre majeur qui manque encore à son palmarès. En 2014 et en 2015, son parcours s’est arrêté prématurément. Début juin prochain, toujours à Long Beach, elle espère bien remédier à cela en montant sur la plus haute marche du podium.

«La gloire ne m’intéresse pas. Je sais que, si je fais le maximum, personne ne pourra m’arrêter»

La jiu-jitsuka sacrifie tout pour atteindre ce but ultime, sous l’autorité de son «maître» Robinho Dantas. «Je ne fais pas grand-chose d’autre. Je ne sors pas et ne bois pas.» A 27 ans, ce choix d’une vie d’ascète implique forcément des sacrifices. «Je n’ai pas le temps pour avoir un copain.Peut-être que, dans deux ans, je me dirai qu’il est temps que je me pose et que je fonde une famille.» Après quoi court-elle, dans un sport délaissé par les sponsors et les médias? «Je m’entraîne surtout pour moi et parce que j’aime ce sport plus que tout. La gloire ne m’intéresse pas. Je sais que, si je fais le maximum, personne ne pourra m’arrêter.»Irrésistible sur les tatamis, la Portugaise reste coquette dans la vie de tous les jours. Boucles d’oreilles, maquillage, vernis à ongles, c’est une jeune femme comme les autres. «Je ne suis pas qu’une athlète. J’essaie de rester femme hors compétition.» Elle s’est coupé les cheveux très court pour mettre toutes les chances de son côté. «On pourrait dire que j’ai même sacrifié ma coupe de cheveux. Tu peux perdre un combat s’ils restent bloqués. Mais je crois que cela ne me va pas trop mal.»Sur le revers de son kimono, la protégée de la Kimura affiche fièrement les drapeaux portugais et capverdien. «Je les aurai toujours avec moi.» Installée à Renens depuis bientôt dix ans, Vanessa Pereira aimerait un jour combattre pour la Suisse. «Je dois encore attendre pour avoir la nationalité, regrette-t-elle. Ce pays représente beaucoup pour moi et j’aimerais le lui rendre.» (24 heures)(Créé: 10.05.2016, 09h17) Ugo Curty

VANESSA PEREIRA STORY 24HEURES2017-05-05T11:29:35+02:00

CHAMPION EUROPÉEN CEINTURE BLANCHE ADULTE ROOSTER

Début de l’interview

Salut Marc, pourrais-tu te présenter dans les grandes lignes?

Je m’appelle Marc,  j’ai 23 ans. Je suis diplômé d’un CFC et d’une maturité comme employé de commerce,  j’ai aussi un diplôme de coach sportif. Je termine actuellement mon service civile (qui est obligatoire pour les hommes en Suisse), j’ai encore les 7 derniers mois à terminer.

Au niveau de mes hobbys, j’aime beaucoup la danse et le sport en général, mais je suis un grand passionné et pratiquant de Jiu Jitsu Brésilien, récemment promu ceinture bleue.

J’ai commencé le JJB il y a maintenant trois ans et demi, c’est mon cousin qui m’a fait découvrir ce sport. Je venais d’arrêter le football, et après avoir rapidement passé par la musculation (qui ne m’avait pas énormément plu) je suis arrivé dans le Jiu Jitsu Brésilien. J’ai directement accroché à ce sport dès la première fois où je suis rentré sur un tatami.

En ces temps-là j’étais en plein dans mes études, ce qui faisait que je ne m’entraînais qu’une à deux fois par semaine. J’ai pour la première fois vraiment accroché au JJB lors de ma première compétition. C’est là où j’ai tout de suite su que ça allait me suivre toute ma vie!

Peux-tu me citer les principaux bénéfices que tu tires de cette activité aujourd’hui?

C’est super simple. Aujourd’hui le JJB c’est toute ma vie, je garde toujours le même état d’esprit sur et en dehors du tatami!

Par exemple, tous les obstacles qui surviennent dans ma vie, je les prends comme des combats. C’est à dire, que je vais chercher à les dominer, à passer la garde, pour ensuite les finaliser!

J’ai aussi appris à ne jamais lâcher prise, car même si ça ne se passe pas toujours comme prévu, il faut savoir se relever, apprendre de ses erreurs et continuer d’avancer. On évolue beaucoup plus lorsqu’on apprend à prendre en compte ses erreurs et à agir en conséquence pour ne plus les refaire. Je fonctionne comme ça dans tous les domaines de ma vie, et je ne remercierai jamais assez le Jiu Jitsu pour m’avoir inculqué cet état d’esprit.

Aujourd’hui le JJB je ne le vois plus comme un sport que je pratique, c’est simplement devenu ma vie. C’est bien plus qu’une passion, ça m’a sauvé…

Pourrais-tu nous décrire un petit peu ton parcours compétitif?

J’ai fait beaucoup de compétitions locales, notamment en Suisse. C’est principalement là où j’ai fait mes meilleurs résultats (deux fois champions suisse de ma catégorie). Je n’ai pas énormément fait de compétitions internationales (IBJJF notamment)  et je n’ai pas eu de très bon résultats jusqu’ici. Je crois bien que la meilleure place que j’ai eu faite, c’était à Londres et à Paris, où j’ai terminé en troisième place.

Je n’ai jamais, jusqu’ici terminé plus haut sur le podium!!!

Parle-nous maintenant un petit peu de ton européen de cette année!

Le championnat d’Europe à jusqu’à maintenant toujours été une compétition maudite (3 participations en tout), il fallait cette année que je brise cette malédiction. Je visais donc le titre et rien d’autre!

Ça a été une épreuve vraiment difficile pour moi, car durant mon mois de préparation, j’ai du perdre 8 kilos! Le jours-même de la compétition je devais encore perdre 1,2 kilo afin d’être au poids, je ne pense pas avoir besoin de vous décrire le stress dans lequel j’étais.

Une fois la pesée faite, le stress était parti, je devais simplement faire le plus facile: faire ce que j’aime: combattre, jouer mon jeu, et écarter 4 adversaire de la route vers mon objectif.

Mon premier combat s’est extrêmement bien déroulé, j’ai réussi à mettre mon jeu, et à rester lucide tout le long du combat. J’ai gagné 16-0.  C’était je pense le combat le plus important car je me suis senti vraiment à l’aise et il m’a mis vraiment en confiance pour la suite.

Le deuxième combat a été plus difficile. Je me suis vite rendu compte que j’avais utilisé trop d’énergie inutilement lors de l’affrontement de mon premier adversaire. J’ai même failli taper sur une clé de bras! Heureusement, je m’en suis sorti (principalement grâce au mental) et ai dominé cet adversaire 10-2.

Le troisième combat s’est vraiment bien déroulé, je suis tombé contre un combattant plus petit, et j’adore combattre contre ce genre d’adversaire. J’ai réussi à le finaliser au bout de 2 minutes 30…

Ce combat a été un déclic, car j’étais convaincu que j’allais repartir avec la médaille d’or. Je me disais simplement qu’il ne me restait que 5 minutes à tirer et que j’allais donner tout ce qu’il me restait pour atteindre le haut du podium.

La finale a été le combat le plus cool de ma vie. J’étais vraiment au bout de mes forces, mais mon adversaire en était tout autant! Il y avait énormément de respect entre nous, et nous avons vraiment donné le meilleur de nous-même. J’en suis finalement sorti vainqueur en l’emportant de 2 points et plusieurs avantages.

Ça y est, j’avais atteint mon objectif. J’étais le gagnant et je sortais donc avec le titre de champion d’Europe de ma catégorie!!!

Comment s’est déroulé ta préparation pour cette compétition?

Pour l’européen,  j’ai beau eu faire un mois de préparation, je ne pense pas que c’est grâce à ça que j’ai réussi à décrocher le titre cette année. Je pense sincèrement que c’est la finalité d’un travail de longue date.

Le côté mental a toujours été mon plus gros point faible, c’est je pense pour cela que j’ai fait pas mal de mauvais résultats jusqu’ici, et je travaille sur cet élément depuis maintenant une année entière! Récemment arrivé chez Kimura, j’ai sincèrement énormément appris depuis que je fais partie de cette équipe et il faut dire qu’ils m’ont vraiment beaucoup aidé à ce niveau-là aussi.

Ce qu’il faut aussi savoir c’est que je me donnais énormément de mal à essayer de progresser au niveau mental, en lisant des livres sur le développement personnel, en discutant avec des personnes plus expérimentées… Je faisais le maximum possible afin de mieux me connaître et ainsi travailler sur les points dans lesquels je n’excelle pas. Je pense en fin de compte qu’il n’y a pas vraiment de guide pour améliorer son mental, c’est surtout un travail personnel, vous devez aller chercher vous-même les ressources qu’il vous faut afin de vous améliorer.

Aussi, j’ai la chance d’avoir une équipe qui me soutient à 100%. Je suis entouré, tous les jours de plusieurs champions du monde, d’Europe. Je ne pouvais que progresser, entouré de personnes aussi inspirantes. Je voulais devenir comme eux, et je voulais prouver à moi-même que je pouvais le faire.

Grâce au travail que je fais actuellement (le service civile), j’ai pu me permettre de prendre un mois entier de pause professionnelle, afin de me focaliser à 100% dans mes entraînements. C’est un sacrifice que j’ai voulu faire et que j’ai jugé nécessaire afin d’atteindre mon objectif.

Lors de ce mois de préparation, je devais perdre 8 kilos, et c’était durant les fêtes de fin d’années. J’ai vraiment dû rester fort mentalement afin de continuer ma diet dans de bonnes conditions. Je me disais que si c’était facile, tout le monde le ferait!

Au niveau des entraînements de Jiu Jitsu Brésilien je m’entraînais une à trois fois par jours. J’ai fait vraiment tous les entraînements possible et ai encore une fois de la chance d’avoir une équipe qui fournit des structures qui peuvent permettre un entraînement quotidien comme ça. Je ne pense pas qu’il y ait de secret pour une bonne préparation, il faut s’y mettre à fond et s’entraîner de manière honnête, c’est à dire autant que ce que vous croyez nécessaire afin de réussir vos objectifs.

Ce n’est pas tout, je faisais aussi du crossfit (crossfit LeRouge) de manière très légère afin de compléter mes entraînements. J’ai de la chance car le propriétaire est un pratiquant de Jiu Jitsu Brésilien aussi, et il me connaît très bien. Ce qui fait qu’il savait exactement les points faibles qu’il fallait que je travaille, et qu’il était au courant de ma situation ( diet + entraînements intensif de JJB quotidien ). Nous avons mis en place un entraînement vraiment adapté à mes besoins!

Pourquoi as-tu décidé de descendre de catégorie et de perdre 8kg?

Alors il y a 2 raisons à cela:

J’avais un partenaire de l’académie qui allait descendre dans la catégorie des -64kg (ma catégorie habituelle) et j’ai simplement décidé de ne pas combattre dans la même catégorie que lui afin de nous donner les chances aux deux de repartir avec la médaille d’or et ainsi ramener un maximum de point à notre équipe.

La seconde raison est que j’ai voulu sortir de ma zone de confort. Perdre 8 kilos est vraiment un défi de taille, qui est épuisant en plus de cela. J’avais besoin de ça pour me prouver que je pouvais accomplir des choses difficiles et travailler mon mental en même temps! Rien de mieux que de perdre 8 bons kilos en un mois, et en s’entraînant comme un acharné quotidiennement.

Au final, ça a été une bonne expérience et je pense refaire ça chaque année!

Quel est le point, à ton avis, qui a fait la différence cette fois?

MOI, c’est moi qui ai changé. Je n’étais pas du tout la même personne par le passé. Je n’avais aucune confiance en moi, je n’étais pas aussi bien préparé, je n’étais simplement pas aussi bien dans mes baskets. C’est bête à dire mais c’est un travail de tous les jours. Ça fait maintenant un an que je consacre ma vie à devenir la meilleure version de moi-même et ça se joue toujours sur des petits détails.

Il faut être attentif à ceux-ci tout le temps, et pas uniquement sur le tatami. Le Jiu Jitsu Brésilien m’a aussi inculqué cette manière de penser, et je l’applique aujourd’hui dans ma vie personnelle et professionnelle, ça m’aide beaucoup.

J’ai aussi appris à être le maximum honnête avec les autres et surtout avec moi-même. Au final je fais simplement en sorte de ne jamais avoir mauvaise conscience. Aujourd’hui quoique je fasse, dans toutes les relations que j’entretiens, j’applique ces principes. Je pense que c’est ça qui fait la différence.

J’étais moi-même convaincu avant de participer à cette compétition, que j’allais la gagner. Pourquoi? Car j’ai été honnête avec moi-même, j’ai fait tous les sacrifices nécessaires et imaginables afin de me préparer au mieux pour ça. Je ne voyais donc aucune raison valable de ne pas réussir.

C’était mon tour, c’était mon moment à moi, je ne l’ai pas laissé passer.

Quel conseil donnerais-tu à une personne voulant pratiquer le JJB en compétition?

Je dirais qu’il faut qu’elle en ait vraiment envie. Car du moment où tu fais quelque chose que tu n’as pas envie de faire, tu le feras mal, et les résultats seront médiocres. Ça ne compte pas uniquement pour le Jiu Jitsu, mais aussi pour tous les domaines de la vie.

Alors si tu veux aller à une compétition, vas-y, fais toi plaisir, mais fais-le pour toi, et non pour quelqu’un d’autre. Et si tu perds, n’abandonne pas, ne lâche pas, continue de t’entraîner et les résultats suivront. Si tu es honnêtes avec toi-même, et que tu fais le nécessaire pour, rien ne peut t’arrêter.

“Essayez d’apprécier au maximum les moments que vous passez sur le tatamis, le temps est une des rares choses que l’on ne récupère jamais. Donc valoriser votre temps, valoriser vos sacrifices, et faites comme moi, apprenez la passion du Jiu Jitsu Brésilien.”

Fin de l’interview

source: Objectif-bjj

CHAMPION EUROPÉEN CEINTURE BLANCHE ADULTE ROOSTER2017-03-25T20:55:43+01:00

SIRLEI COSTA DÉTIENT LES CLÉS DU TATAMI

Avec ses ongles de doigts de pied délicatement vernis, sa taille de guêpe (qui disparaît sous le kimono), son large sourire et ses 56 kilos, Sirlei Costa affiche volontiers sa féminité, «très importante pour moi», dit-elle. Mais ne vous y fiez pas! Lorsqu’elle monte sur un tatami, cette jeune femme se fait tigresse, les griffes en moins. Un concentré d’énergie. Bras et jambes deviennent des étaux que ses adversaires ont bien du mal à desserrer. Clés et immobilisations n’ont plus guère de secrets pour cette adepte du jiu-jitsu, sacrée championne du monde de sa catégorie l’été dernier à Las Vegas.

«Participer à cette compétition, cela représentait un rêve, que j’ai pu réaliser, explique cette Brésilienne de 35 ans et Genevoise d’adoption. En 2015, j’avais déjà voulu y participer. Mais les inscriptions ont été fermées le jour même où je suis allée chercher mon visa! J’étais hyperdéçue.» Le titre remporté le 27 août 2016 dans la capitale du jeu avait donc un bon goût de revanche.

«Le sport ne m’intéressait pas»

Pourtant, rien ne prédestinait Sirlei Costa à devenir une sportive d’élite. «Avant 2010, je n’avais jamais fait de sport de ma vie, relève-t-elle. Ça ne m’intéressait tout simplement pas.» Mais à cette époque, son ex-mari, adepte de sports de combat, l’a emmenée à Genève voir un tournoi de jiu-jitsu, une discipline née au Brésil.

Et la magie a immédiatement opéré. «Le lundi suivant, je m’inscrivais dans un club.» Pourquoi? «Parce que c’est un sport où on ne frappe pas, technique, proche du judo. Mais c’est au sol que le combat commence vraiment.» Reste que le jiu-jitsu n’est pas vraiment une partie de plaisir. Immobilisations sévères, clés visant à tordre les membres de l’adversaire… «Si la prise est bien faite, soit on abandonne, soit ça casse, concède cette mère de famille. Le jiu-jitsu, qui veut dire «art souple», reste un sport de combat.»

A dire vrai, on se perd un peu dans les méandres de cette discipline en plein essor qui possède de multiples catégories, des compétitions sur inscription – tel le championnat du monde de Las Vegas – ainsi qu’une fédération professionnelle créée dans les Emirats, à Abou Dabi. Sirlei Costa, elle, s’aligne en amateur au sein de la IBJJF (International Brazilian Jiu-Jitsu Federation). Ce qui ne l’empêche pas de s’entraîner très souvent dans son club, Kimura, à Onex. «Environ cinq fois par semaine, confirme-t-elle. Je donne aussi des cours pour les autres filles, de plus en plus nombreuses.» A ses côtés, son compagnon – et entraîneur – Robinho Dantas acquiesce avec une évidente fierté.

Charbonnière dès son jeune âge

Actuellement au chômage, Sirlei Costa partage aujourd’hui sa vie entre sa famille et son sport. Le travail, pourtant, elle connaît. «Au Brésil, depuis toute petite, après l’école le matin, je travaillais chaque après-midi dans les mines de charbon avec mes parents. C’était très dur», lâche-t-elle. «On était en forêt, à ciel ouvert. On abattait le bois, on le mettait ensuite dans un grand four qu’on fermait dessus.» Un travail de charbonnier, en somme, qui a disparu depuis des lustres en Europe. C’est en 2003 qu’elle est venue à Genève, seule, invitée par une amie. «Je devais rester quelque temps, je ne suis plus jamais repartie! J’aime cette ville, même si au début j’ai souffert du froid. Et je trouvais les Genevois bien taciturnes dans le bus. Au Brésil, tout le monde se parle.»

Dans son pays, cette fille d’une famille de dix enfants y retourne régulièrement. Mais sa vie, maintenant, est à Plan-les-Ouates, quand elle ne voyage pas pour des tournois. Bonne cuisinière, elle a aussi appris à faire la fondue. «J’adore ça! lance-t-elle avec des yeux pétillants. Même si je fais attention à mon poids, afin de ne pas devoir trop perdre ensuite pour lutter dans ma catégorie.» Son péché mignon? «Déguster des framboises à la double-crème. A Gruyères bien sûr!»

source:Tribuna de Genève

SIRLEI COSTA DÉTIENT LES CLÉS DU TATAMI2017-03-16T15:53:19+01:00

MÉRITES SPORTIFS GLANDOIS, MASCULIN: DAVID RIVERA (LAURÉAT/JIU-JITSU BRÉSILIEN)

A 28 ans, David Rivera a déjà un curriculum vitae long comme le bras. Multiple champion suisse de jiu-jitsu brésilien, vainqueur de multiples tournois et surtout, champion d’Europe la saison dernière, le palmarès en impose, bien que la discipline reste encore méconnue dans nos contrées, qui plus est pour les profanes des arts martiaux. «Ce mérite représente une belle considération de ma ville, se réjouit le jeune homme. Ma vie tourne autour du sport, c’est une magnifique promotion.»

Il y a sept ans, David Rivera s’intéressait au MMA (combat libre). «J’étais davantage attiré par les sports de combat, pieds-poings. Puis j’ai testé le jiu-jitsu brésilien, je ne pensais pas que cela allait me plaire et pourtant, j’ai croché!» Proche du judo, la discipline développe davantage les prises au sol. Aux championnats d’Europe, à Lisbonne, le jeune homme a vécu son apogée, après quatre participations: «Il y avait plus de 2000 concurrents, 27 pour ma catégorie et j’ai remporté mes quatre combats.»

Mérites sportifs glandois, masculin: David Rivera (lauréat/jiu-jitsu brésilien), Maxime Muraca (golf), Jan Marek (tir à l’arc), Gary Bratcov (tennis), Philippe Rossi (tennis).

MÉRITES SPORTIFS GLANDOIS, MASCULIN: DAVID RIVERA (LAURÉAT/JIU-JITSU BRÉSILIEN)2017-03-16T15:52:47+01:00
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